Après le violent épisode de grêle qui a touché la Gironde le 20 juin, le groupe Covéa teste à Mérignac un tunnel d’expertise composé d’un scanner associé à des technologies d’intelligence artificielle. Objectif : gagner du temps dans l’expertise des véhicules lors d’un événement de grande ampleur.

« L’année 2022 restera exceptionnelle avec 108 000 dossiers grêle ouverts chez Covéa, ce qui représente quatre à cinq saisons ordinaires. Tous assureurs confondus, nous devons être à 400 000 au niveau national », annonce David Thévenot, animateur des réseaux automobiles du groupe Covéa. La plus importante, celle de Mérignac, ouverte dès le mois de juillet dans un local de 1 800 m2 en partenariat avec Dent Wizard, le spécialiste du débosselage sans peinture, a vu défiler jusqu’à 175 véhicules par jour. Les véhicules passent de façon assez classique sous un tunnel lumineux où l’expert, avec l’aide d’un débosseleur, évalue le préjudice.

C’est cette expertise qui fait foi aujourd’hui. « Cette machine, qui vient d’Allemagne, est utilisée par des constructeurs pour le contrôle qualité », précise David Thévenot. « La machine peut également fonctionner 8 à 20 heures à la suite sans se fatiguer, ce qui permet de faire passer un grand nombre de voitures », explique David Thévenot. « Les honoraires d’expertise sont compris entre 80 et 100 €.

Ce que nous voulons, en revanche, c’est favoriser les techniques de réparation, en particulier le débosselage sans peinture, qui permet de sauver un élément », précise-t-il. « Il prend de la place et ne sera jamais installé chez nos 4 500 réparateurs partenaires », note David Thévenot. Covéa y voit typiquement une utilité dans le cadre d’un événement climatique de masse. « L’objectif, pour ce type d’événement, c’est d’essayer d’alléger la charge de l’expert, d’industrialiser, d’aller plus vite dans les parcours clients et de se concentrer sur la réparation.

Toute l’organisation dépend de la rapidité de la première étape », explique David Thévenot. Les expertises fournies par l’outil et celles établies dans le cadre de l’expertise humaine seront analysées, comparées, confrontées. « Une fois que nous serons convaincus que cela fonctionne, nous définirons le rôle de l’expert, du débosseleur et le nôtre », confie David Thévenot. Pour Covéa, les experts seront amenés à intervenir différemment.

« En auto, il y aura toujours une discussion entre l’expert et le débosseleur sur la pertinence de réparer un élément ou de le remplacer. L’idée n’est pas de se substituer à l’expert, mais de lui simplifier le dénombrement, qui peut être fait de manière industrielle par la machine. Peut-être pourront-ils aussi intervenir à distance », développe David Thévenot. « Ma vision, en tant qu’assureur, c’est aussi que les experts, qui font déjà beaucoup d’expertises à distance via des photos, pourraient s’intéresser à ce genre de systèmes et les mettre en place en leur nom propre pour accélérer les dossiers », lance-t-il encore.

En matière d’automatisation des tâches, Covéa a déjà mis en place une intelligence artificielle, baptisée ExcellIA, pour que les carrossiers règlent en autonomie les petits chocs. « Nous pouvons nous permettre de mettre en place des process très industriels dans la mesure où nous couvrons dix millions de véhicules assurés, qui représentent un quart du marché », précise David Thévenot. Sur le site de Mérignac, les expertises devraient être achevées à la fin de l’année. D’ici là, les activités de réparation et de peinture vont monter en puissance.

Source : L'ARGUS DE L'ASSURANCE LE 09/11/2022 à 16h41