Grands risques : le durcissement des marchés se poursuit (WTW ex-Gras  Savoye)

Pas de répit pour les courtiers et les risk managers. La campagne des renouvellements qui s’ouvre sera aussi dure pour les courtiers et leurs clients que les années précédentes prédit l’analyse sur l’évolution des marchés de l’assurance pour 2023 de WTW en France (ex-Gras Savoye).

Dans son analyse sur l’évolution des marchés de l’assurance pour 2023 WTW en France indique que « le redressement du marché poursuit son cours et s’est amplifié en 2022. Ce changement de paradigme, marqué par une forte augmentation des primes accompagnée d’une baisse des capacités disponibles, accentue l’écart entre les besoins des entreprises et les conditions
imposées par les assureurs, rendant encore plus pertinentes le recours à un courtier mais également à des solutions alternatives de transfert de risques ». En 2019, alors que le hard market faisait son entrée sur le marché de l’assurance des grands risques, les spécialistes estimaient qu’il ne durerait qu’environ trois ans. Mais c’était sans compter sur la crise sanitaires, la reprise de l’inflation, le RSE et surtout le changement climatique.

« Le marché est cyclique, nous sommes dans une phase de hausse depuis les renouvellements menés pour janvier 2020, on est donc à la quatrième année de hausse mais les cycles de l’assurance sont longs» explique le rapport de WTW. Si ces dernières années il a été difficile de trouver de la capacité auprès des assureurs, il semblerait que la tendance soit sur le point de changer. Le retour de l’inflation et la hausse des taux d’intérêt constituent une incertitude supplémentaire. L’effet de double inflation inquiète les courtiers dont WTW.

« L’inflation aura des effets sur le coût des sinistres, notamment sur les branches longues comme la RC et la construction. » Selon WTW, il faut que les assureurs profitent du contexte inflationniste pour se pencher sur l’estimation des capitaux assurés. « Ce point, parfois négligé au cours des dernières années, pourrait conduire les assureurs à une suppression de la dérogation à la règle proportionnelle des capitaux, une exception française » précise le rapport. De fait, en assurance dommages, la matière assurable est difficile à estimer et jusque-là une tolérance existait quant à cette dernière dans le contexte d’un marché baissier.
Les assureurs introduisent également des exclusions supplémentaires, limitent les extensions ou suppriment certains rachats de garanties de manière systématique. La branche construction notamment la RCD est directement impactée par l’inflation et la pénurie des matériaux dont les conséquences sont importantes tant en matière d’assiette de cotisation, de dérive de planning
que de gestion sinistre. Le marché de l’assurance cyber s’est très fortement durci au cours des deux dernières années et il continue à l’être. Les conditions actuelles du marché interrogent sur l’avenir du produit alors même que « les sociétés ont un besoin impératif de disposer d’une assurance cyber ».

Pour autant WTW indique « percevoir des signes de ralentissement de ces – corrections- initiées par les assureurs qui resteront une réalité pour les mois qui viennent, notamment sur les marchés anglo-saxons qui pourraient influencer positivement l’orientation du marché français de l’assurance cyber ». Enfin, le marché affinitaire a connu quelques années difficiles avec la crise sanitaire avec l’arrêt des évènements culturels, sportifs, privés et des voyages. Dans l’ensemble, le marché reste stable et l’inflation n’aura que peu d’impact sur les assurances affinitaires associées à des primes et des indemnisations minimes.

Source : L’ARGUS DE L’ASSURANCE LE 13/09/2022 à 15h52