Projet au Brésil, emprunteur, IARD : Stéphane Dedeyan (CNP Assurances) dit  tout

Le directeur général de CNP Assurances a accepté de répondre aux questions de la presse économique et assurantielle ce 13 septembre. Parmi les nombreux sujets abordés, Stéphane Dedeyan a dévoilé le prochain projet de développement international du
groupe.

Pour la rentrée, Stéphane Dedeyan s’est prêté au jeu des confidences. À l’occasion d’une rencontre organisée ce jour par l’Association nationale des journalistes de l’assurance, le directeur général de CNP Assurances a accepté de faire le point sur les projets en cours et à venir du bancassureur public. Fidèle à sa volonté de renforcer son modèle multi-partenarial et international, CNP Assurances recherche des relais de croissance à l’étranger. En effet, le directeur général du groupe annonce vouloir y reproduire un modèle de développement déjà éprouvé en France consistant à parvenir à « marcher sur deux jambes ».

« C’est ce que nous avons fait avec la Banque postale ou BPCE en France par exemple ». « Une annonce en ce sens devrait intervenir dans les prochains jours », avance Stéphane Dedeyan. Il devrait s’agir d’ajouter à la « première jambe » que constitue le partenariat stratégique signé avec Caixa Economica Federal, la « seconde jambe », à savoir une activité en modèle ouvert avec d’autres partenaires. Pour ce faire, CNP devrait reprendre des « participations minoritaires de Caixa Economica Federal dans plusieurs entités essentiellement en assurance de personnes, et accessoirement en assurance dommages ».

« C’est un vrai choix stratégique qui n’allait pas de soi. Il correspond en tout point à notre raison d’être qui appelle à une assurance plus inclusive et durable », a-t-il expliqué. Après avoir rappelé que la suppression du questionnaire de santé entraînait une augmentation des risques et donc, en théorie une augmentation des tarifs, le directeur général a mis en avant la « très large
mutualisation » à l’œuvre au sein de CNP Assurances. Cette situation lui permet de geler ses tarifs, alors même qu’aujourd’hui les contrats dits Lemoine – pour lesquels la sélection médicale est dorénavant supprimée – représentent entre 30 à 40 % des contrats d’assurance emprunteurs du groupe.

« Geler nos tarifs et supprimer les surprimes pour les risques aggravés de santé de niveau 2, nous permet d’afficher notre singularité sur un marché très concurrentiel et mature », complète Stéphane Dedeyan qui précise que cette décision a un coût. « La Banque postale compte 20 millions de clients. Or, ces clients présentent un taux d’équipement en assurance plus faible que
chez les meilleurs acteurs de la place. » Pour l’heure, le calendrier précis de l’arrivée des équipes de LBP au sein de CNP n’est pas connu.

« Nous n’avons pas encore de date fixe », explique le directeur général de CNP Assurances, qui précise que « sur les 850 collaborateurs concernés, beaucoup sont à Nantes ou Poitiers et environ 200 ou 250 sont à Paris ». Dans un deuxième temps, « nous réfléchirons à la manière d’optimiser l’animation entre l’IARD et l’assurance de personne ». À terme, « nous voulons
structurer l’activité IARD en mode multi-partenarial notamment en raison des effets positifs de la diversification sur la solvabilité ». « Je pense que c’est ce contexte qui crée de l’attentisme et cette situation un peu molle pourrait se poursuivre au cours des prochains mois ». Interrogé sur l’intérêt de l’eurocroissance, Stéphane Dedeyan n’a pas fermé la porte, bien au contraire.

Source : L’ARGUS DE L’ASSURANCE LE 13/09/2022 à 12h50